AEJT-TOFFO

ASSOCIATION DES ENFANTS ET JEUNES TRAVAILLEURS DE TOFFO

LA PROTECTION DES ENFANTS A TOFFO 

Le MAEJT a été fondé en 1994 en Côte d’Ivoire par des enfants et jeunes de 4 pays. Depuis lors,  il n’a cessé de grandir et œuvre maintenant dans 27 pays Africains. Il compte fin 2015, 975.054 membres et sympathisants dont 308.072 membres effectifs,  regroupés dans 4.331groupes de base fédérés en 380 associations. La majorité (73%) des membres sont des enfants (moins de 18 ans). 57% des membres sont des filles.

Les 27 pays, où le MAEJT opère :
Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centre Afrique, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Ghana, Gambie, Guinée Bissau, Guinée, Kenya, Libéria, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Ouganda, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Tchad, Tanzanie, Togo et Zimbabwe.

Le MAEJT est un large mouvement  constitué d’enfants et de jeunes qui n’ont pas eu l’opportunité d’aller à l’école ou qui en sont ressortis trop vite pour diverses raisons (pauvreté, encombrement, etc.).  Ces  enfants et jeunes ont dû choisir de travailler pour aider leur famille, et les décharger du poids de leur prise en charge. Ils aspirent à étudier, à préparer leur avenir  et  à contribuer au développement de leurs pays.

Des employées: serveuses de gargotes, filles domestiques ; des apprentis: couture, menuiserie,  soudure, mécanique ; des travailleurs indépendants: porteurs de bagages, cireurs, vendeurs ambulants ; des agriculteurs et autres : jardiniers, éleveurs, pêcheurs, des filles sans emploi qui aident à la maison, des élèves aussi qui concilient études et travail.

Les droits en action des Enfants et Jeunes Travailleurs

Organisés en groupes de base, les EJT mènent des actions pour améliorer leur propre  situation, celle  de leurs membres et des autres enfants non membres, de façon solidaire dans le cadre de la concrétisation de leurs douze droits (et aspirations) prioritaires.

Droit à : une formation pour apprendre un métier, à rester au village (à ne pas « s’exoder »), à apprendre à lire et à écrire, à des soins de santé, à exercer nos activités en toute sécurité, à un travail léger et limité, à des repos maladie, à être respecté, à être écouté, à s’amuser, à jouer, à s’exprimer et à s’organiser, à un recours et à une justice équitable, en cas de problèmes.

Cette plateforme en douze points a été définie par les membres fondateurs du MAEJT en 1994. Elle reste vingt ans plus tard, la référence commune à travers les groupes et les associations des divers pays. Plusieurs études et documents ont dit que les EJT ont traduit dans leur réalité, l’essence même des droits de l’enfant  qu’ils se sont ainsi appropriés.

Mais les droits ne servent pas à être simplement proclamés, il faut les construire, ce que font chaque jour les EJT pour progresser et faire progresser les autres enfants et jeunes. En négociant la mise à disposition de salles de classe le soir dans les écoles, ou des facilités d’accès à des centres de santé, en exerçant une vigilance de tout instant vis-à-vis des enfants en mobilité, en multipliant les activités et les loisirs et diminuant de fait les heures de travail, en étant solidaires et amis les uns des autres.

Ainsi en 2015: 509.127 ont pu étudier ou s’alphabétiser grâce au MAEJT, 524.974 travaillent moins d’heures ou moins dur qu’avant, 459.844 sont en meilleure santé, 717.072 se sentent protégés contre les violences et abus, et 642.155 s’amusent plus qu’avant. Ces données sont les produits du monitoring régulier du MAEJT (enquêtes MEMSTAT et MICRI, octobre 2015).

C’est une solidarité qui s’étend petit à petit entre enfants des villages et des villes, au delà des frontières. C’est un espoir de réaliser, ici et maintenant, le rêve collectif de voir les droits et aspirations progresser.

L’objectif du MAEJT est de protéger jusqu’à 1.000.000 d’enfants en 2018

Le MAEJT et les Objectifs du Millénaire

Le Mouvement contribue à l’atteinte  des objectifs du millénaire pour le développement : 1- avec l’élimination de la pauvreté par le développement d’Activités Génératrices de Revenus, alternatives à l’exploitation. 2- par ses performances en matière d’éducation et d’alphabétisation. 3- par la promotion des filles et femmes en son sein, la majorité de leurs membres. Il contribue également aux objectifs, 6, 7 et 8.

La voix du MAEJT dans les débats internationaux

Le MAEJT a statut d’observateur auprès du Comité Africain d’Experts sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant de l’Union Africaine ; il a également des contacts avec la CEDEAO ; Il est membre de l’Inter Agency Group on «Children on the Move» au niveau international, au côté des grandes ONG : tel que Enda, Oak Foundation, Plan international, Save the Children, SSI, Terre des Hommes, World Vision, ou des agences des Nations Unies : BIT, OIM, UNHCR, UNICEF.
Il est présent dans les principaux débats concernant les enfants  et leurs droits, aux nations unies, en particulier auprès de la Commission des droits de l’enfant.

Ressources du MAEJT

Dans les différents pays du MAEJT, les EJT mobilisent en moyenne, 80% de leurs ressources, en cash (54%) ou en nature (26%), sans prendre en considération la contribution en travail volontaire par ses nombreux membres. Les 20 % restants leur sont versés par le MAEJT, et gérés par Enda TM (avec une équipe surtout composée «d’anciens membres» du MAEJT) ; ces fonds contribuent à financer leurs plans d’action, leur formation, leur coordination, et les équiper en matériel de communication. Leurs instances et groupes de travail, leur communication et leur lobbying au niveau international, nécessitent également des ressources.

En 2013, le budget total du MAEJT était  de 2,6 millions d’Euro : les ressources générées au niveau des pays par les AEJT étaient de presque 1.7 Millions d’Euros. Celles mobilisées par la recherche de fonds en collaboration avec Enda TM étaient de 0,950 millions d’Euros.

Des organisations soutiennent le MAEJT ou l’ont soutenu financièrement, tel que Oak Foundation, Plan Finlande, Save the Children Finlande et Suède.

Le mouvement produit un bulletin électronique mensuel, et a une stratégie de communication active.

Rayonnement

C’est d’abord à la base : dans les villes et villages, les AEJT rayonnent par de multiples actions de concrétisation des droits, d’alphabétisation, de négociation avec les structures de santé pour faciliter l’accès des EJT, d’interpellation des autorités sur les rafles et de délivrance de cartes de membres pour les éviter, de campagnes de reboisement, d’enregistrement des naissances, d’animation et de loisirs destinés aux enfants, de dénonciation de cas d’abus, de prévention de la mobilité des enfants, mais aussi d’appui aux enfants en mobilité. Dans la plupart des cas et avec beaucoup de patience, les EJT ont réussi à imposer leur existence et même à associer les parents, les autorités traditionnelles et officielles à leurs démarches, faisant d’eux, parfois, les portes parole de leurs messages.

Au niveau national : il s’agit d’informer sur un plan plus large et de s’imposer dans les médias avec succès mais non sans difficultés. Il s’agit aussi de concevoir des plans d’action, à portée plus large que la ville et de participer aux multiples coalitions avec et sans le gouvernement. Tout en continuant à faire le travail de base, dans les quartiers de la ville, il y a tout ce travail de relations à faire à une échelle beaucoup plus large. Heureusement, le mouvement compte des partenaires et amis, sur le plan local et chez les ONG et organisations internationales qui savent reconnaître ses potentiels et lui facilitent la tâche, malgré les réticences culturelles qui demeurent fortes.

Au niveau africain et international : ses interventions sont fréquentes (voir chapitre sur le «lobbying international»). Du processus «d’un monde digne des enfants» en Afrique puis à New York, au Comité Africain d’Experts sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant de l’Union Africaine où le MAEJT a le statut d’observateur , aux contacts avec la CEDEAO, aux droits des «enfants de la rue» à la Commission des droits de l’homme à Genève, le MAEJT fait sa part, aidé en cela par ses amis participants.

AEJT TOFFO  a été fondé en 2017 par des enfants et jeunes de la commune